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Les troubles musculo-squelettiques restent la première maladie professionnelle en France
Près de neuf maladies professionnelles reconnues sur dix relèvent du muscle et de l'articulation. Un chiffre stable depuis des années, et un terrain sur lequel le mouvement agit directement.
Dans le débat sur la santé au travail, l'attention se porte volontiers sur les risques les plus spectaculaires. Les chiffres de la reconnaissance des maladies professionnelles racontent une autre histoire, beaucoup plus ordinaire et beaucoup plus massive.
Une écrasante majorité des reconnaissances
Les troubles musculo-squelettiques représentent environ 88 % des maladies professionnelles reconnues en France. Lombalgies, troubles de l'épaule, syndrome du canal carpien, tendinites : ce ne sont pas des accidents, ce sont des usures.
Cette part place les TMS très loin devant tous les autres motifs de reconnaissance. Pour une entreprise, cela signifie que le risque le plus probable n'est pas celui auquel on pense en premier.
Le poste assis n'y échappe pas
On associe spontanément les TMS aux métiers de port de charge. C'est une partie du tableau seulement. La position assise prolongée met la chaîne postérieure en sommeil et fait porter la charge aux seules lombaires ; chaque centimètre d'avancée de la tête vers l'écran multiplie la contrainte sur les cervicales.
Le travail de bureau produit donc ses propres TMS, avec une installation lente qui les rend difficiles à rattacher à un événement précis, et donc faciles à laisser s'aggraver.
Un terrain où l'action a prise
C'est le point important : contrairement à d'autres pathologies professionnelles, les TMS répondent au mouvement. Réveil articulaire, ruptures de posture programmées, gainage fonctionnel, mobilité scapulaire, alternance assis-debout : ce sont des gestes simples, dont l'effet dépend surtout de la régularité.
L'obstacle n'est presque jamais technique. Il est dans la mise en œuvre : savoir quoi faire ne suffit pas, encore faut-il qu'un programme tienne au-delà des trois premières semaines. C'est exactement ce que la conférence, la formation et le suivi quotidien cherchent à résoudre.
Ce qu'il faut retenir
Le risque professionnel le plus fréquent en France est aussi l'un des plus accessibles à la prévention. Il ne demande ni équipement lourd, ni transformation des locaux, mais une organisation du mouvement dans la journée de travail.
Sources
- Part des TMS dans les maladies professionnellesAssurance Maladie / INRS. Les troubles musculo-squelettiques représentent environ 88 % des maladies professionnelles reconnues en France.
- Obligation générale de sécuritéCode du travail, article L.4121-1.
